Par Claudine Colozzi
paru en avril 2018
Aider N° 4
    • Vous vérifiez toujours si vous avez bien fermé la porte en partant
    • Vous êtes toujours en train de chercher vos clefs (variantes : votre téléphone portable, votre portefeuille)
    • Vous oubliez régulièrement où vous avez garé votre voiture dans les parkings
    • Vous perdez le fil des conversations et oubliez ce que vous vouliez dire
    • Vous êtes sûr de connaître cette personne, mais impossible de vous rappeler qui elle est
    • Vous ne vous souvenez plus de ce que vous veniez chercher dans le réfrigérateur

    Booster son cerveau grâce aux neurosciences

    Oublier ses clefs ou un prénom, perdre le fil d’une conversation : nous avons tous été confrontés à ces petits bugs du quotidien où nous avons soudain l’impression que notre cerveau nous joue des tours. Et si une meilleure conscience de son fonctionnement nous aidait à mieux exploiter ses capacités ?
    Vous vérifiez sans cesse que vous n’avez pas oublié de fermer la porte à clé avant de partir de chez vous ? Vous ouvrez le frigo en vous demandant ce que vous y cherchez ? Vous n’arrivez pas à vous mettre dans la tête le prénom de cette auxiliaire de vie qui ne vient que les week-ends ? Pas de panique ! Vous n’êtes pas seul(e) dans cette situation. Si le stress et la fatigue peuvent altérer parfois notre faculté de penser, ce genre de bug complique la vie d’un très grand nombre de personnes. Pour autant, il s’explique très bien grâce aux travaux des chercheurs en neurosciences sur le cerveau.

    Abritant 100 milliards de neurones pouvant se connecter chacun à 10 000 neurones, le cerveau est l’un des organes les plus complexes du corps humain. Il gère en permanence des centaines de situations, sans nous demander notre avis : nous faire respirer, marcher, ouvrir un parapluie s’il pleut... Or, « comprendre comment ça marche rassure, et permet d'envisager des stratégies pour booster nos facultés », affirme Eric Gaspar professeur de mathématiques, créateur du programme de neuroéducation Neurosup (voir encadré). Lesquelles ? Nos facultés de conscience. Lorsque nous prenons conscience des rouages du cerveau, nous pouvons les reconnaître et interagir avec eux. Ce qui amène par ricochet à gérer son stress, à prendre les bonnes décisions et être en communication intime avec soi-même. Formidable ! Mais n’y a-t-il pas un âge où le dialogue avec le cerveau n’est plus possible ? Ne dit-on pas qu’une fois arrivé à l’âge adulte, 25 ans pour le cerveau, celui-ci ne changerait plus, se rigidifierait ? « Rien de plus faux, affirme Eric Gaspar. Le cerveau est un transformiste. Il se reconfigure sans cesse. La preuve. Si je ne joue pas de piano pendant plusieurs mois, je perdrai ma virtuosité. Mon cerveau, qui a tendance à effacer ce qui paraît inutile dans un futur proche, l’oubliera. C’est pourquoi il n’est jamais trop tard pour stimuler son cerveau. Le soumettre à des petits jeux et défis. » De 7 à 77 ans, notre cerveau ne demanderait qu’une seule chose : être stimulé de manière fréquente et diversifiée.

    Voilà donc comment l’entraîner pour que certaines situations quotidiennes ne se transforment plus en galères.


    Vous vérifiez toujours si vous avez bien fermé la porte en partant


    C’est plus fort que vous, systématiquement vous remontez les trois étages pour vous assurer que votre porte est bien fermée. Excès de maniaquerie ? Trouble obsessionnel compulsif ? Vous vous interrogez.

    Que s’est-il passé ?
    Quand vous accomplissez un acte aussi anodin et familier que tourner les clefs dans une serrure, votre cerveau ne prend pas la peine de le mémoriser. Dès qu’un geste est automatisé, il se loge dans la mémoire procédurale qui n’accorde pas de date au geste réalisé. Que devez-vous faire ? Associez à la fermeture de porte un geste inhabituel voire farfelu : tirer la langue, tenir un stylo dans l’autre main ou tout autre chose. Ainsi, le cerveau pourra dater ce nouveau geste et vous envoyer un message rassurant. Mais, attention, il faudra changer de gestes tous les jours au risque de vous enfermer dans un nouvel automatisme. Vous êtes toujours en train de chercher vos clefs (variantes : votre téléphone portable, votre portefeuille) Vous avez déposé machinalement vos clefs quelque part et, quand vous en avez besoin, impossible de mettre la main dessus. Vous fouillez de fond en comble et au bout d’un temps plus ou moins long vous les retrouvez, souvent à un endroit bien en vue où il fallait être aveugle pour ne pas les voir.

    Que s’est-il passé ?
    Le cerveau prend des photos en permanence à un rythme effréné. C’est ce que l’on appelle le « système perceptif moteur ». Plus on agit vite, moins le « système perceptif visuel » est capable d’identifier les objets qui se trouvent sur ces photos mentales. Que devez-vous faire ? Forcez-vous à ralentir, à fixer les choses un peu plus longtemps pour différer le déclenchement du système perceptif moteur. Vous augmenterez vos chances de retrouver l’objet perdu. Ne laissez pas votre cerveau en mode automatique, reprenez le dessus de manière consciente.

    Vous êtes toujours en train de chercher vos clefs (variantes : votre téléphone portable, votre portefeuille)


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