Par Marika Droneau
paru en mai 2017
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  • La perte d'autonomie inspire le secteur de la domotique
  • Technologies embarquées sur l'individu ou directement intégrées aux objets
  • Surveillance physiologique connectée
  • Robots et peluches contre l'isolement des personnes dépendantes

Un chez-soi qui prend soin de soi

Logements truffés de domotique, objets usuels connectés, humanoïdes de compagnie : vivre seul semble désormais à la portée de chacun, même en perte d’autonomie. Enquête sur ces nouvelles technologies… et leurs limites.
Par Marika Droneau

Ouvrir et fermer ses volets sans se déplacer, allumer la lumière par le simple fait d’entrer dans une pièce, laisser son chauffage se programmer tout seul… Autant de pratiques aux allures futuristes il y a quelques années qui deviennent courantes aujourd’hui. La domotique – qui regroupe l’ensemble des techniques de l’électronique, de physique du bâtiment, d’automatisme, de l’informatique et des télécommunications pour centraliser le contrôle des différents systèmes et sous-systèmes de la maison – est en passe de transformer notre habitat en un espace de vie connecté, capable de s’autogérer et parfois même de prendre soin de nous.


La perte d'autonomie inspire le secteur de la domotique


D’abord synonyme de confort voire de luxe, la domotique essaie depuis quelques années d’être associée à l’aide à domicile. « Les professionnels qui concevaient et produisaient habituellement de la domotique à des fins d’aménagement de logements haut de gamme ont commencé à intégrer dans leurs offres des produits dédiés et adaptés à l’accompagnement de la perte d’autonomie », remarque Philippe Metzenthin, administrateur de la Fédération française de domotique et spécialiste des questions relatives à la prise en charge des personnes dépendantes. On les comprend : le marché est prometteur.

Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à choisir de vieillir chez elles : 70  % des plus de 85 ans en 2011, contre 50  % en 1982 (INED, 2016). Cette augmentation du vieillissement au domicile est corroborée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) : en 2014, 738 000 personnes âgées recevaient l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) à leur domicile, contre 511 300 la recevant dans un établissement spécialisé. Résultat, le secteur de la domotique devrait générer plus de 2 milliards d’euros de revenus en Europe d’ici fin 2017, et le nombre de logements connectés passer de 10 à 12 millions au cours de l’année. La France est d’ailleurs considérée comme le troisième marché d’Europe pour ce type de technologies, qui se perfectionnent à une vitesse vertigineuse.

Technologies embarquées sur l'individu ou directement intégrées aux objets


La domotique regroupe deux grandes familles. Les technologies embarquées sur l’individu d’une part, qui permettent de suivre ses déplacements au sein de son logement et de le géolocaliser en cas d’absence prolongée. Elles se présentent sous forme de bracelet, de pendentif ou de montre. « Les aidés ont souvent du mal à les accepter. Porter ce genre d’objet, c’est admettre que l’on est entré dans l’univers de la dépendance. De plus, comme ils sont visibles, ils sont stigmatisants aux yeux des autres », prévient Philippe Metzenthin. Il est donc souhaitable d’intégrer les technologies directement dans certains composants du bâtiment, sous forme de capteurs. C’est la deuxième famille. Des sols intelligents mesurent ainsi la vitesse de déplacement d’une personne, la surface qu’elle occupe, et alertent en cas de chute. Il existe aussi des interrupteurs et des radiateurs indiquant s’ils sont allumés ou non, des portes et des volets s’ils sont ouverts, des serrures si elles sont verrouillées. D’autres types de capteurs fixés aux murs signalent la présence de fumée, ainsi qu’une température trop basse ou trop élevée.

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