Par Marika Droneau
paru en décembre 2017
Aider N° 3
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    Prémices et promesses d’une médecine régénérative

    La médecine régénérative repose sur l’utilisation de cellules comme agents thérapeutiques pour réparer un organe malade ou bloquer des dégénérescences liées à l’âge. Le concept est encore jeune, mais les essais se multiplient et se montrent de plus en plus encourageants… au risque de soulever quelques fantasmes et inquiétudes.

    La médecine sera-t-elle bientôt capable de réparer notre corps, voire de le « rajeunir » grâce à une injection de cellules ? C’est ce que laissent entrevoir les prémices d’une médecine dite régénérative – ou thérapie cellulaire. L’idée est de remplacer les cellules malades ou détruites d’un organe défectueux par des cellules neuves, saines, obtenues à partir de cellules souches cultivées in vitro. Elles travaillent   à réparer le tissu endommagé (ou à le remplacer) et rétablissent la fonction de l’organe. Les différents éléments de notre corps   pourraient ainsi être régénérés par une simple greffe de cellules : coeur, peau, yeux, intestins, cerveau, etc. Une perspective encourageante concernant certaines déficiences que les spécialistes peinent encore à soigner, comme l’insuffisance cardiaque, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), voire des maladies dégénératives telles qu’Alzheimer et Parkinson. Et qui pourrait ainsi modifier notre rapport à la vieillesse. Science-fiction ? Rêve démesuré d’immortalité ? Ou promesse réelle d’une vie plus longue et en meilleure santé ? Cette médecine régénérative suscite en tout cas de nombreux espoirs. Et cela depuis la découvertes des cellules souches. Il s’agit de cellules spéciales ayant la faculté de s’autorenouveler et de créer les autres cellules dont le corps a besoin. « Elles ont d’abord été  découvertes à propos du sang », rappelle Nicole Le Douarin, chercheuse en biologie du développement,   secrétaire perpétuelle de l’Académie des sciences.  



    La thérapie cellulaire,   comment ça marche ?  


    Des chercheurs ont mené une série d’expériences à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Ils ont injecté à des souris irradiées des cellules provenant de la   moelle épinière de souris saines. Ils se sont alors aperçus que certaines des cellules injectées   avaient non seulement la capacité de s’installer dans l’organisme alors que les autres mouraient, mais en plus celle de renouveler les cellules sanguines qui avaient été détruites par les radiations. Les souris greffées ont été sauvées !



    Les cellules souches sont des cellules spéciales ayant la faculté de s’autorenouveler et de créer les autres cellules dont le corps a besoin.


    Les expériences suivantes ont révélé qu’il existe des cellules souches dans tous les tissus de l’organisme. Ont alors débuté les essais de   médecine régénérative qui se multiplient aujourd’hui. Mais en quoi consistent-ils ? « Il existe plusieurs approches », indique le professeur Philippe Menasché, pionnier en France de la thérapie cellulaire pour soigner l’insuffisance cardiaque. Les cellules souches peuvent être prélevées sur le patient lui-même (cellules autologues). Elles sont mises en culture pour produire le nombre et le type de cellules (cardiaques, sanguines, épithéliales, etc.) dont les médecins ont besoin en fonction de l’organe à réparer, puis administrées. Une autre voie se développe de plus en plus : celle des cellules allogéniques, provenant d’un donneur. Le professeur alerte néanmoins : « Il y a dans ce cas un risque de rejet de la part du receveur. » Plus de 800 essais en thérapie cellulaire sont actuellement menés dans le monde. Sont-ils concluants ? Les succès sont inégaux – les cancers, en particulier, résistent toujours.  



    Diabète, insuffisance cardiaque,   DMLA… : quelques pistes   prometteuses  


    Parmi les voies les plus encourageantes se trouvent les traitements du diabète, de la maladie de Crohn, et de l’insuffisance cardiaque.   L’équipe de Philippe Menasché a réalisé en 2014 la première injection de cellules cardiaques   dérivées de cellules souches embryonnaires. La patiente greffée, âgée de soixante-huit ans et souffrant d’insuffisance cardiaque sévère, a vu son état s’améliorer nettement dès les semaines suivantes. À ce jour, aucune complication n’a été relevée et d’autres essais ont été lancés. L’équipe travaille aujourd’hui à l’utilisation de la thérapie cellulaire pour soigner les malformations cardiaques chez l’enfant, et les infarctus. Les résultats sont encourageants mais ne permettent pas encore d’établir de traitement.  

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