Par Anne Monnier
paru en septembre 2018
Aider N° 5

      Peut-on vraiment se mettre à la place de l’autre ?

      Comprendre ce que vit l'autre n'est jamais certain. Même s'il est fait du même bois, et traversé par les mêmes émotions, l'autre n'est pas moi.
      Selon un proverbe corse : « Les malheurs de la marmite, seule la louche les connaît » ( I guai di a pignatta Un i cunnosci cà a cuchjara ), expression très directe de l’impossibilité de comprendre l’autre, et encore davantage les souffrances de celui qui est comme moi mais n’est pas moi. On pourrait en déduire que les hommes sont égocentriques, incapables de se mettre à la place de leurs semblables. Pourtant, même avec la meilleure volonté du monde, est-il réellement possible de comprendre autrui en se mettant à sa place ?

      Ce vieux proverbe exprime de façon imagée l’idée que les états mentaux sont strictement privés. Devant une personne en deuil, par exemple, je peux essayer d’imaginer ce qu’elle ressent, ou même me référer à mes propres expériences, mais ce ne sera jamais le vécu de cette personne-là. Et si je peux, en théorie, accéder en toute transparence à ce que je ressens, l’autre restera toujours étranger à mon monde intérieur ( et réciproquement ). Même si je déduis d’un comportement ou de mimiques ce que l’autre vit, je n’aurai jamais la preuve de le comprendre tout à fait : cela restera hypothétique, et l’autre gardera toujours son mystère. [...]

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