Par la Rédaction
paru en avril 2017
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J’ai mal docteur !

Même s’il est admis que la douleur n’est pas une fatalité, elle n’est pas toujours entendue comme il le faudrait. À qui la faute ? À ceux qui cherchent à soigner avant de soulager ? À ceux qui souffrent en silence ? Réflexion sur la difficile prise en charge de la douleur.
Par Bruno Beauchamps



La prise en charge de la douleur est un sujet à la mode. La preuve : pas plus tard que ce matin, j’ai reçu un mail de l’association La Douleur et le Patient douloureux (LDPD) m’invitant à signer la « charte contre la douleur » en tant que professionnel de santé. Charte dont le premier article, qui résume un peu tous les autres, stipule que, « quelle que soit son origine, la douleur n’est plus admise comme une fatalité. Son soulagement est un droit fondamental. Il existe des moyens pour la soulager et la prévenir » (www.charte-contre-ladouleur.fr/accueil/charte.php).

Cette charte annonce-t-elle une ère nouvelle ? Peut-on y lire la promesse que les médecins français traiteront enfin ce problème comme il se doit ? Je crains malheureusement que non.

En effet, depuis que je suis médecin, voire étudiant en médecine, c’est-à-dire une petite quarantaine d’années, j’ai le souvenir que ce sujet a toujours été « d’une brûlante actualité », et que les réformes, les plans, les chartes… se sont succédé imperturbablement, comme si rien n’avait été fait avant, ou plutôt comme si un mur invisible avait rendu inopérantes toutes ces bonnes volontés et ces prises de conscience.

Certes, des progrès indiscutables ont été accomplis (recherche, enseignement, formation, structures « douleurs », etc.). Entre le « mouroir » parisien où, jeune étudiant en médecine, je faisais des gardes d’infirmier de nuit en 1980, où faire une piqûre de morphine à une patiente souffrante et en fin de vie était considéré quasiment comme une action suspecte, et l’établissement pilote que celui-ci est devenu dans le domaine des soins palliatifs, il n’y a pas de comparaison possible. Il existe aujourd’hui des services de chirurgie où non seulement il est considéré comme normal d’avoir des douleurs post-opératoires, mais où il va aussi de soi que celles-ci soient anticipées, prises en compte et soulagées par l’équipe soignante. Enfin, comme médecin généraliste de premier recours, il me paraît normal de prescrire de la morphine à des patients qui ne sont pas soulagés par des anti-douleurs moins puissants, y compris s’ils ne sont pas atteints d’une maladie grave et même si je sais que leur douleur n’est que passagère et qu’elle s’atténuera ou disparaîtra avec le traitement de la maladie causale.

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