Par la Rédaction
paru en septembre 2017
Aider N° 2
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  • musique
  • DIDI KEITA Maître percussionniste à Paris et en Guinée
  • Des ambitions pour son pays
  • JEAN-SÉBASTIEN ROUVIER Membre du groupe Les Percussions de Kouroussa
  • « Fillette à sauver en Haute-Guinée »

Humanitaires en Guinée-Conakry

Découvrir l’autre à travers la musique. Et même le rejoindre au-delà des vibrations. C’est la proposition d’un percussionniste guinéen qui organise chaque année depuis la France des voyages artistiques et solidaires. Et celle de Jean-Sébastien, défenseur des rythmes traditionnels de ce pays. Deux journalistes leur ont emboîté le pas.
Par Jean-Noël Caussil et Faustine Sappa

C’est par la musique que nous sommes arrivés en Guinée-Conakry. Poussés par l’envie de connaître une culture que nous ne faisions qu’effleurer à Paris, celle de notre professeur de percussions, le Guinéen Didi Keita, et de mieux comprendre la dimension solidaire des voyages qu’il organise. Sur place, nous avons rencontré un autre amateur de percussions africaines, un expatrié français, Jean-Sébastien Rouvier, dont l’engagement envers les Guinéens, et plus particulièrement envers une adolescente dont il a sauvé le pied, nous a émus. C’est leur histoire que nous vous racontons.

Stage de percussions en Guinée avec Didi Keita © JEAN-NOËL CAUSSIL ET FAUSTINE SAPPA

DIDI KEITA Maître percussionniste à Paris et en Guinée


« Quand tu es dans la forêt et que tu as besoin de communiquer, si tu veux qu’on te réponde, tu ne peux te fier qu’à ton oreille. » Djembés entre les cuisses, les élèves sont dos à dos, ils ne se voient pas entre eux, ni les musiciens, ni Didi, leur professeur. Dans le village de Bonbadon, au pied de la montagne du Chien qui fume, à une quarantaine de kilomètres de Conakry, à deux pas de la rivière, ils apprennent à écouter. Ils sont venus chercher à la source, dans ce pays berceau de la musique africaine, les enseignements d’un maître percussionniste qui a fait de la transmission de la culture guinéenne un sacerdoce.

Cela fait plus de dix ans que Didi Keita, artiste multi-instrumentiste, organise chaque année plusieurs « voyages artistiques et solidaires » dans la région où il a grandi. Au fil du temps, ce qui avait commencé comme une collecte de médicaments, de vêtements et de fournitures scolaires a pris la forme de parrainages d’écoles et d’orphelinats. « C’est compliqué et très cher d’envoyer des colis en Guinée, alors je passe par mes élèves qui, à chaque stage, apportent ce qu’ils peuvent. » Et cela se compte en valises entières… À Dubreka, juste à côté, on dénombre 1 700 élèves inscrits en école primaire, mais il n’y a que huit classes. « Alors qu’il y a de la place pour construire bien plus, déplore Didi. Les élèves sont obligés d’aller à l’école par roulement, certains le matin, d’autres le soir. »
« Ici, tu es obligé de te débrouiller par tes propres moyens. Nous ne recevons aucune aide de l’État. » Didi Keita

Des ambitions pour son pays


Depuis qu’il a démarré son activité, Didi réinvestit tout ce qu’il gagne : propriétaire d’un grand terrain près de Dubreka, il y fait construire des salles destinées à accueillir une école de musique. Quatre cases sur les quatorze prévues sont déjà sorties de terre. « Ici, tu es obligé de te débrouiller par tes propres moyens. Nous ne recevons aucune aide de l’État, le gouvernement ne se soucie pas des jeunes et de leur avenir. Ces “élites” minimisent l’importance de notre culture et ne pensent qu’à leur profit personnel, c’est honteux. » Didi a un autre projet : Conakry Plage. Un projet d’assainissement du bord de mer, qui voit, depuis quelques années, les monceaux d’ordures s’accumuler à un point démesuré, sans que personne n’intervienne ni ne s’émeuve. Son courrier à Alpha Condé, le président de la République, a bien été reçu, il y a six mois. Depuis, il attend un geste qui ne viendra sans doute jamais. « Ce gouvernement est incapable e

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