Par Juliette Cottin
paru en décembre 2017
Aider N° 3
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    Une journée avec Irène, résidente d’un pôle intergénérationnel Croix-Rouge à Nantes

    Au Village du Bois Bouchaud, les résidents seniors côtoient chaque jour les mamans et les enfants accueillis au centre maternel, ainsi que les parents du quartier qui fréquentent la crèche. Géré par la Croix-Rouge française, cet ensemble médico-social inauguré au printemps dernier crée des ponts entre les générations. Et favorise la construction de liens.
    Photos : Philippe Noisette

    9 h 05


    Dans son appartement du troisième étage, Irène Lampin, 82 ans, finit de se préparer. « Vous prendrez bien un café ? » Accueillante et souriante, cette ancienne infirmière respire la bienveillance. Difficile d’imaginer qu’elle sort d’une dépression. « Après le décès de mon mari en 2012, des suites de la maladie d’Alzheimer, je me suis sentie très seule dans notre maison de La Rochelle. D’autant plus que ma fille vit à Bayonne et mon fils à Nantes. Après avoir fait une chute dans les escaliers à Noël 2014, j’ai décidé de déménager. » Avec son fils, Irène visite trois appartements. Son choix est rapide. Entièrement conçus pour prévenir la perte d’autonomie, sans seuils, équipés de veilleuses et d’une douche à l’italienne, les 47 m2 du Bois Bouchaud la séduisent illico. « En plus d’être grand et neuf, mon logement se situe dans un pôle intergénérationnel. Depuis mon arrivée en avril, je ne me sens plus isolée. »



    9 h 45


    Il est temps pour Irène d’aller accomplir son activité bénévole. Elle ferme son deux-pièces et se lance dans le grand bain du Village du Bois Bouchaud. Conçu en quatre pôles qui se juxtaposent, il regroupe une résidence de 36 logements pour les seniors, un centre maternel, pouvant héberger 48 jeunes mamans en difficulté, un centre parental et une crèche de quartier de 80 places comprenant une section de 13 places, ouverte 24h/24, accueillant des enfants en attente de placement familial.


    9 h 55


    Irène a rejoint Muguette, une résidente senior, et Françoise, animatrice de l'atelier, à la boutique de vêtements du centre maternel, qui sera bientôt ouverte à tous les habitants du quartier. Ce matin, c’est opération pliage de vêtements d’enfants avant mise en rayon. Il y a eu un arrivage de dons. « Les mamans qui fréquentent le centre maternel assurent une partie de la gestion de la boutique, mais deux fois par semaine des seniors viennent leur donner un coup de main », explique Françoise.


    11 h 05


    Après plus d’une heure de pliage et de discussions intensives, Muguette et Irène se préparent à rentrer chez elles. « N’oubliez pas que demain, l’atelier couture du centre maternel organise son défilé de mode ! Tous les résidents sont les bienvenus », leur rappelle Françoise.


    11 h 15


    Avant de remonter chez elle, Irène s’arrête dans le hall pour prendre son courrier. Muguette en profite pour partager un brin de causette avec Gérard, un voisin. Dans ce hall, que tout le monde est obligé d’emprunter, la vocation du pôle intergénérationnel prend tout son sens. Entre les parents habitant le quartier et venant chercher leur enfant à la crèche, et les résidents – mères et seniors – les interactions sont nombreuses et débouchent souvent sur quelques mots échangés. « Je vous attends, Irène ? » lance Jacques, un voisin de palier, à la porte de l’ascenseur. Irène s’empresse de le rejoindre.



    12 h


    Dans l’ascenseur, Jacques et Irène évoquent le repas du lendemain. « D'habitude, on déjeune chacun chez soi, mais le jeudi, c'est Élodie, cheffe de cuisine qui nous fait à manger et en profite pour nous délivrer des conseils diététiques, explique Irène. C’est toujours très bon et c’est convivial. » Une odeur de potage aux légumes s’échappe de l’appartement de Jacques. « J’adore cuisiner, alors je me prépare de bons petits plats, mais c’est aussi agréable de manger avec tout le monde. Ce que j’aime ici, c’est qu’on fait comme on veut ! On n’est obligés à rien. Toutefois, il y a une vraie solidarité qui s’installe entre nous. On se préoccupe les uns des autres, on s’assure que chacun va bien et quand l’un d’entre nous est à l’hôpital, on lui rend visite… Sur ce, bon appétit, Irène ! »

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