Par Michèle Guimelchain-Bonnet
paru en septembre 2017
Aider N° 2
  • aidant
  • aidé
  • quotidien
  • décryptage
  • auxiliaire
  • Coté Aidé
  • Coté Aidant
  • Bonnes pratiques

« Ça pue ici ! »

Comment gérer l'intrusion d'une auxiliaire de vie dans son intimité ? Comment faire son travail d'auxiliaire de vie dans un espace privé ? Analyse d'une situation quotidienne côté aidé et côté aidant.

Coté Aidé


SCÈNE DE LA VIE QUOTIDIENNE

A à la suite d’un accident avec traumatisme crânien, Laurence, 35 ans, souffre de troubles divers – céphalées, troubles de la vigilance, du sommeil, de la parole, sans oublier des troubles sensoriels, de l’audition et de l’odorat. De plus, malgré son relatif rétablissement physique, son équilibre psychoaffectif n’est pas stabilisé ; elle connaît de brusques changements d’humeur,
des phases imprévisibles de colère, ce qui complique ses relations amicales. En congé prolongé depuis plusieurs mois, cette professeure de français qui vit seule n’a pas retrouvé sa vie d’avant son accident. Elle qui était coquette et menait une vie sociale et culturelle dense reste enfermée chez elle, en jogging le plus souvent, avec ses nouveaux amis, deux chats qui lui ont
été offerts. Sa mère, qui habite dans un autre département, passe régulièrement quelques jours chez elle.Chaque matin, une auxiliaire de vie, Sophie, débarque pour l’aider à faire sa toilette et lancer sa journée.

Fotolia


Aujourd’hui, Laurence s’est réveillée tôt. Elle a fait une toilette très légère et s’est habillée avec les vêtements qu’elle portait la veille. Elle s’est installée devant la télévision, car elle veut voir une émission qui l’intéresse. Ses deux chats dorment en boule sur ses genoux et elle les câline tout en regardant l’écran. À 8h30, Sophie entre dans l’appartement. Comme elle a les clés, elle a ouvert la porte sans sonner. Depuis le vestibule, elle crie : « Bonjour ! » Sans avoir vérifié s’il y avait quelqu’un dans le salon, elle y pénètre en s’exclamant : « Ça pue ici, c’est encore les chats !" Absorbée par son émission, Laurence ne répond pas. Sa mère surgit alors dans le séjour, sa tasse de café à la main. L’auxiliaire lui adresse un salut tout en se dirigeant vers la fenêtre qu’elle ouvre en répétant : « Qu’est-ce que ça pue, les chats ! » Elle va éteindre la télévision, déloge les chats des genoux de leur maîtresse d’un revers de la main et empoigne Laurence par le bras :
– Venez, on va se laver.
– Pas la peine, je me suis lavée ce matin.
L’auxiliaire insiste.
– Fermez la fenêtre, il fait froid, remarque la jeune femme.
– Non, ça pue encore, je fermerai après.
Et l’auxiliaire de vie d’entraîner Laurence jusqu’à la salle de bain.

La mère de la jeune femme, qui a été le témoin de cette scène, en est bouleversée. D’autant plus qu’elle craint que sa fille soit perturbée par ce qui vient de se passer et fasse ce qu’elle nomme « une crise » ( pleurs, énervement, agitation ). C’est en effet une réaction possible lorsqu’elle est dérangée dans son organisation du moment. Doit-elle intervenir ? Et que dire ? Elle préfère atte

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